Se lancer ou pas ?

Aujourd’hui la mode est à l’entrepreneuriat ! Nouvel Eldorado du bonheur au travail, de l’accomplissement de soi, si l’on en croit les médias, les sites dédiés à la question et tout ce qui circule dans les cercles fermés où l’on croise ses semblables, quand on est soi-même entrepreneur.

Si bien qu’être salarié serait presque devenu une tare : “Si t’as pas ta boîte, t’as rien accompli”… Et pourtant, je connais des salariés parfaitement épanouis et j’en ai même fait partie avant de me lancer dans l’aventure.

Car le bonheur au travail ne dépend pas d’un statut mais bien d’une sensation d’être à sa place, de contribuer à faire avancer les choses. Apporter sa pierre à l’édifice, apprendre, cogiter, imaginer, inventer, créer, produire, confronter, solutionner. Se nourrir d’échanges avec les autres. Et il n’y a pas qu’en étant son propre chef qu’on peut le faire. Parfois même, être son propre chef est tellement exigeant que cela peut anéantir toute ardeur et verrouiller l’élan.

Je veux parler de l’entreprise qui laisse la part belle à l’initiative de ses collaborateurs. La petite entreprise. Celle que je connais bien, où j’ai mes clients depuis 12 ans, où j’ai aussi travaillé avec passion dans ma vie d’avant. Rien de bling bling, pas de « Une » dans la presse, pas vraiment le temps de s’agiter sur les réseaux sociaux, mais souvent un savoir-faire hors pair. Et des salariés impliqués, qui se démènent car ils y croient et à qui on laisse la possibilité de s’exprimer, de proposer, de faire avancer la barque commune. Oui, ça existe.


Identifier ses propres motivations

Dans ma pratique de coaching, j’ai récemment accompagné une personne, homme quadra, qui se questionnait sur un projet de se lancer dans l’aventure en solo. Quitter un poste somme toute assez intéressant et tenter l’aventure dont beaucoup parlent, qui semble si palpitante.
Et nous démarrons sur l’exploration de sa situation actuelle, de ses motivations, talents, valeurs, son environnement proche, pour ensuite creuser le projet, son besoin de formation, les points à valider, les actions à lancer pour tester l’idée.

Il se projette alors concrètement dans une nouvelle configuration de vie, voyant se dessiner un nouvel agencement entre le pro et le perso, qui tout à coup lui apparait plus clairement comme ne faisant plus qu’Un.

Et le besoin sûrement de travailler plus, surtout au début, le soir ou le week-end. Car si certains font miroiter la création d’entreprise comme la solution miracle pour « kiffer » tous les jours, avoir tout de suite de quoi remplir le tiroir caisse, devenir connu et admiré par tous, moi, j’en connais peu, même aucun dans mon entourage, qui ont touché le jackpot au bout de quelques mois. C’est un parcours de longue haleine, fait de montagnes russes.

C’est là que s’est produit son point de basculement. Il réalise alors qu’il n’aura plus l’esprit aussi libre pour s’adonner à sa passion, la musique. Qu’il sera préoccupé par son business, car il a coeur et surtout le besoin de faire vivre sa famille. Et qu’il aura toujours à l’esprit son entreprise, en mode ébullition permanente, du moins les premiers temps, pour se faire une place dans son domaine. Que cela risque d’empiéter sur sa disponibilité familiale. Or, une de ses valeurs non négociables est : la famille. La sécurité aussi.

 

La sécurité intérieure, pilier de l’autonomie

Rien de frileux dans la sécurité, juste le besoin d’avoir des appuis solides pour éviter de trop tanguer d’un côté sur l’autre. Passant du « génial je m’éclate », au « pas la pêche, j’avance pas ». Il ne se sent pas prêt pour ça. Il a besoin de plus de sécurité intérieure pour s’engager dans ce nouveau chemin et son organisation familiale ne le lui permet pas à ce jour. Il met alors en place une autre stratégie sur le long terme, tout en restant salarié et en testant son activité en parallèle, ce qui le rassure et élargit sa perspective.

Voila un point important, la sécurité intérieure. C’est bien ce qui libère l’ambition et l’action. Cette confiance en soi qui solidifie lorsque nous sommes pleinement conscients et en possession de nos propres capacités, que nous sommes bien dans l’axe de nos valeurs et que nous sommes soutenus par un environnement proche attentif et encourageant.

Indispensable pour entreprendre, accéder à l’autonomie, prendre son envol et s’aventurer sur des voies inconnues. Et le curseur se situe à différents niveaux selon les personnes et les moments.

Bien utile de savoir l’identifier pour soi-même afin de réalimenter la pompe lorsque l’énergie baisse et passe en mode alternatif.

 

A lire aussi :

> L’hystérie collective autour de l’entrepreneuriat – dans Fractale Magazine le 17/09/2015

 

2017-02-07T19:46:15+00:00